France (épisode 1)

Bouchons. Calvaire. Chaleur. Bébé collé à moi, je ne savais pas qu’on pouvait prendre un cosy dans le taxi. Je bénis sa patience qui surplombe largement la mienne, du haut de ses trois minuscules semaines de vie. Collée à moi qui transpire à grosses gouttes dans ce taxi sans clim qui n’avance pas. L’avenue est pleine de feux rouges. Les arrêts et redémarrages incessants installent une nausée sourde. Le chauffeur ne parle pas. Moi je parle à mon bébé. Je psalmodie plutôt. Je me rassure en la rassurant. Elle est déjà partie dans le sommeil, elle s’en fout. Je ne sais pas vraiment où je vais et ce qui m’attend. Enfin, je connais la géographie des lieux mais je ne sais pas ce qu’on attend de moi là-bas. Je ne sais pas non plus ce que j’attends d’eux. La mécanique est en marche et je la suis ostensiblement, incapable de prendre la moindre décision.

François  m’a mise dans le taxi. J’ai senti son soulagement. J’ai souri, je me suis assise sagement dans la voiture. Ça n’est pas mon genre mais je fais tout ce qu’on me dit – mange ci, bois ça, prend ce cachet, va te reposer. Non pas que je sois forcément d’accord. Je suis juste trop fatiguée. Trop vide. Je compte sur les autres pour la direction. C’est ça ou rester immobile.

Une heure interminable dans la Merco pourrie sur laquelle le chauffeur veille comme à la prunelle de ses yeux. À chaque feu, il passe une peau de chamois sur les plastiques, sur l’accoudoir. Ma fille et moi sommes assises sur une couverture, comme celles qu’on met sur les canapés pour les chiens. Ce taxi est clairement un maniaque. Je ne suis pas rassurée, dans deux minutes il va m’épousseter.

L’Unité est un petit bâtiment carré, juste à l’entrée de l’hôpital. Lorsqu’on arrive, une barrière automatique rouge et blanche se lève. Le taxi me laisse devant l’entrée. Je descends chargée de mon bébé. Il sort tout mon barda du coffre. Grosse poussette et gros sac à langer accompagnent mon cœur gros au moment de rentrer dans le bâtiment.

Comme dans tous les halls d’entrée il y a des machines à café en panne, des revues périmées, des jouets salis par les milliers de petits doigts qui les ont manipulés. Le lino étouffe les pas. J’ai remis ma fille dans son cosy, remis le cosy sur la grosse poussette et je pousse mon attirail de jeune mère. Attirail encombrant qui ne me va pas. Non mais pour qui elle se prend celle-là ? Elle se croit vraiment crédible en jeune maman ? On dirait une poule qui a trouvé un couteau. Les gestes sont si peu naturels qu’ils me paraissent sortir tout droit d’un mauvais sitcom. Ridicule. Je me dirige vers le monte-charge, au fond à gauche. Monte-charge, pas ascenseur. Ici, on n’est pas à l’hôtel.

Deuxième étage. Sur les murs couleur saumon, profusion de dessins d’enfant sur des feuilles A4, pendus à des fils par des pinces à linge. La gouache a séché depuis longtemps et les couleurs sont fanées. Les coins des feuilles rebiquent. C’est sensé égayer le couloir,  moi je trouve ça laid à vomir, sinistre.

Pour entrer dans l’Unité, il faut pousser ou tirer, je ne sais plus. Il faut réussir à faire passer la grosse poussette tout en tenant la lourde porte. Il faut aussi calmer le battement effréné du cœur pour dire bonjour aux infirmières. Je ressens la honte d’une naufragée qu’on repêche, c’est tellement humiliant de se noyer alors même qu’on sait nager.

Dans ce lieu on appelle les parents Monsieur et Madame. Je suis Madame L. et le resterai jusqu’à la fin. Pas de familiarité, pas de tutoiement malgré le quotidien partagé.

–  « Bonjour Madame L. Vous allez bien ? »

Cagole brune aux pieds manucurés. Chewing-gum. Son accueil est démesurément poli, démesurément enjoué. Son grand sourire, sa voix qui piaille lorsqu’elle me montre « ma » chambre, c’est à dire la petite cellule où je vais passer la journée.

–  « Voilà Madame L.  donc on vous a mis à gauche. À droite c’est Madame D. qui ne devrait pas tarder. En ce moment on n’a personne en accueil de nuit mais sinon vous voyez, les deux grandes chambres au fond sont pour les dames qui dorment ici. Elles peuvent aussi dormir avec leur conjoint. Il y a une salle de bain, c’est presque comme chez soi quoi. »

Elle me fait l’article.

–  « Non, mais vous savez, je n’ai pas l’intention d’acheter hein. »

Elle veut me montrer à quel point c’est chaleureux et familier et à quel point ça ne fait pas hôpital. À quel point je peux me sentir ici comme chez moi.

Mais je ne suis pas chez moi. Je ne suis même plus chez moi chez moi. Je ne suis plus chez moi en moi. Elle me prend pour qui cette cruche ? T’auras beau suspendre tous les coloriages que tu veux, ça n’empêchera pas qu’on est à l’hosto ici, et qu’on le sait, toutes déprimées qu’on est. Il fait mille degrés, je ne sais pas quoi faire de ma peau et à vrai dire j’ai déjà envie de me barrer. Je ne vois pas comment ces cagoles dégoulinantes vont m’arranger ça.

M’arranger quoi d’abord ?

–  « Allez, je vous laisse vous installer. Ça va aller Madame L. ? Si vous voulez nous laisser la petite vous pouvez. Comme ça vous pourrez essayer de vous reposer. Sinon, vous avez la cuisine, si vous voulez un café, un thé. Vous faites comme chez vous. Allez, à tout à l’heure Madame L. »

Ça va aller Madame L. ? Je ne sais pas du tout si ça va aller. À peine partie, l’infirmière me semble indispensable. Revenez, ne me laissez pas seule ! Seule avec la créature. J’ai posé le cosy dans le grand lit à barreaux, vert, en bois, assez joli pour un truc d’hôpital. Je m’assied sur le bord du lit. Pareil, c’est un lit en bois pas un truc tout blanc. Ça fait un peu comme dans les colos ou les auberges de jeunesse. Lit spartiate, draps qui grattent. Cette chambre donne au sud. J’apprendrai au fil des semaines que c’est un peu la punition cette piaule. L’après midi c’est un four, malgré les rideaux baissés et la clim allumée.

Je soupire. Je regarde mon bébé. J’ai trois heures devant moi. Aucune idée ne fait son chemin alors je reste assise au bord du lit, dos voûté, inconfortable. Je peux rester dans une position inconfortable voire douloureuse pendant des heures. Juste pour ne pas bouger, ne pas changer, ne pas m’imposer de nouvelles sensations. Les sensations sont si imprévisibles. Je devrais dormir. Ça fait des jours que je ne dors plus. C’est d’ailleurs un peu pour ça que je me retrouve là. Avec les cachets ça va un peu mieux. Mais pas au point de faire une sieste. Moi qui ai toujours adoré dormir, je me retrouve à craindre de fermer les yeux avec les pensées qui affluent. Des pensées parasites qui ne mènent à rien mais tournent tournent tournent autour de mon incompétence. Incompétence à la nourrir, incompétence à l’endormir, incompétence à l’intégrer dans ma vie. Elle est de trop, et elle encombre le temps et l’espace, que mes yeux soient ouverts ou fermés. Elle traîne sa toute puissance de bébé dans toutes les cellules de mon être et mange toutes mes ressources. Elle veut tout me prendre et je ne sais pas quoi lui donner pour garantir son intégrité et la mienne. Ni trop ni pas assez, c’est trop, je ne sais pas doser. Lorsqu’elle dort je crains qu’elle ne se réveille, lorsqu’elle est réveillée je crains qu’elle ne se rendorme plus jamais. Emprisonnée dans la difficulté d’après, l’échec d’après, mon quotidien est devenu une gigantesque attente dans laquelle ne subsiste qu’une certitude : je ne peux pas m’occuper d’elle.

Nulle, nulle, nulle, nulle. Ça trotte comme un infernal tic tac. Les coups de fouet rythmés que je m’assène. Ça fait mal mais je ne saurais m’en passer.

Elle se réveille. Ma fille ne hurle jamais. Depuis qu’elle est née, je ne l’aie pratiquement jamais entendue s’égosiller. Lorsqu’elle s’éveille, elle se manifeste par un gazouillement, tout au plus un petit geignement, attendant qu’on vienne répondre à son appel. Ce petit cri de nourrisson qui pourrait paraître attendrissant à d’autres, me plonge moi dans une angoisse démesurée. Que faire ? Comment le faire ? Est-ce la bonne manière et le bon moment ? Je pourrais demander de l’aide, je pourrais confier mon bébé et m’enfoncer dans un sommeil d’oubli, puisqu’on me l’a si gentiment proposé.

À la place, je sors discrètement dans le couloir. Personne. Je me faufile jusqu’à la cuisine, j’espère croiser une infirmière, une autre maman, quelqu’un. Rien. L’équipe est en séance de transmission. C’est le moment où l’équipe du matin transmet ses observations à l’équipe d’après-midi. Madame Z. semble très angoissée aujourd’hui, bébé Simon a beaucoup régurgité ce matin, des choses dans ce goût là. Je prépare un biberon que je retourne donner dans ma chambre. Porte fermée. Ma fille mange. Depuis que je ne lui donne plus le sein, j’ai éloigné une partie de l’angoisse, je suis libérée d’une implication directe de mon corps. Dans une semi-pénombre, elle tète avidement, dans cet adorable bruit de déglutition propre aux tout-petits. Elle est si mignonne, c’est vrai, c’est quand même dingue.

Après, je la change.

Et après ? Elle est là, elle est réveillée, et après ? Sortir ? Pour aller où, pour voir qui ? Il n y a pas âme qui vive. J’ère un peu dans la salle commune. C’est une belle pièce avec plein de choses pendues au plafond, un grand tapis, des coussins, des fauteuils et énormément de jouets, de livres.  Le paradis des bébés. À part que de ça, elle s’en fout la boule de bébé lovée dans mes bras. Elle a trois semaines. À trois semaines on ne joue pas. On sert à quoi à trois semaines ? Cette question revient sans cesse. Que suis-je sensée faire d’elle qui ne sait rien faire ? Dois-je lui parler ? On dit qu’il faut parler aux bébés. Je me sens cruche à lui raconter ma vie,  je me sens comme une actrice de bas étage, ânonnant des phrases écrites par d’autres. C’est pareil qu’avec la poussette. J’imite quelque chose qui n’est pas moi.  J’aime tant les mots, je ne peux pas supporter qu’ils soient vides. Les mots que je lui dit sont creux, pire que dans une langue que je ne maîtriserais pas. Alors j’alterne péniblement entre me taire et me forcer.

–  « Ça va Madame L. ? »

Ah. Pas trop tôt.

–  « Oui, oui, ça va »

Mes yeux baissés, l’enfant que je serre un peu trop fort, mon empressement à retourner dans ma chambre, tout prouve le contraire. Je n’arrive pas à rester, trop honteuse sans doute pour me lancer dans une conversation futile sur la météo avec une nana que je ne connais pas. Dont c’est le boulot, en plus, de me parler de la pluie et du beau temps. Je suis une patiente, une malade, je suis défaillante, ici je suis prise en charge, tout ça n’est pas une charmante après-midi entre copines.

Plus que deux heures. C’est long. J’ai si chaud. Et ce taxi qu’il va falloir reprendre en sens inverse.

Je ne veux plus revenir. Trop éprouvant.

Et l’autre qui ne se rendort pas. Elle qui  alterne toujours gentiment entre sieste et repas, se met à gesticuler, à geindre, et moi qui m’agace trop vite, qui la berce frénétiquement, sans apaisement possible ni de l’une ni de l’autre, qui fait les cent pas dans les cinq mètres-carrés de la chambre, horizon étroit au delà duquel je n’ose toujours pas m’aventurer.

–  « Ça va Madame L. ? » Une tête dans l’entrebâillement de la porte.

Putain, mais elle ne sait dire que ça elle ? Bon, en même temps je suis contente qu’elle l’ait fait. Qu’elle ait passé sa tête par la porte que je n’avais pas tout à fait fermée. Sans doute à dessein. L’expérience de ces gens réside là, juste là. Dans la capacité à reconnaître une maman désespérée derrière une porte pas tout à fait fermée.

–  « Oui, ça va, mais je ne sais pas ce qu’elle a aujourd’hui. D’habitude elle ne fait que manger et dormir. »

Je me balance toujours d’un pied sur l’autre, dans cette danse vaudou qu’on observe chez certaines mères – une danse allant de la douce chaloupe au sautillement névrotique

–  « Vous voulez qu’on vous la prenne ? On va la bercer et la rendormir ne vous inquiétez pas. Reposez vous si vous voulez »

J’accepte, à contre coeur et sans doute un peu malgré moi mais  je suis toujours incapable de me reposer, dormir ne fait même pas partie du champ des possibles.

Dans la salle commune, je trouve un vieux Femina, parcouru tant de fois par des yeux absents, relisant cent fois le même article futile sur le meilleur moyen d’avoir l’air bronzée en été – prétexte à peine masqué pour vendre des produits L’Oréal – cet autobronzant à pas l’air mal d’ailleurs. Mais cet été je ne bronzerai pas et je ne verrai pas la plage une seule fois. Cet été je vivrai mes heures les plus sombres, enfermée dans ma maternité. Cet été je viendrai ici cinq jours sur sept. Bercée par le pire des ennuis, entre séances de psy et séances de psy, de reviendrai lentement à la vie. Je naîtrai mère. Mais je ne le sais pas encore.

Au moins elle ne pleure plus. Décidément, tout le monde s’en occupe mieux que moi.

Je m’allonge et essaie de toutes mes forces de trouver un peu de repos, de m’éloigner un instant de la litanie  – nulle, nulle, nulle, nulle,  vide, vide, vide,  je ne peux pas, je ne veux pas, je ne peux pas, je ne veux pas, je regrette, je n’aurais pas dû, je n’étais pas prête, je suis incapable – syndrome d’auto-flagellation manifeste mais incontrôlable. Deux heures passent vite, même encadrées par des idées noires. Et puis au moins elle ne pleurait plus.

C’est l’heure de repartir et je plonge dans cet état d’ambivalence qui ne me quittera plus pendant des semaines : besoin de rester, envie de partir.

Le taxi m’attend.

Dans le monde à part de l’hôpital de jour, les taxis c’est toute une histoire. Il y a les taxis conventionnés qui sont censés transporter les personnes hospitalisées gratuitement, et après ils se font rembourser par la sécurité sociale. Pour ça, il faut que l’hôpital transmette un bon de transport. Ça c’est déjà compliqué parce que le bon de transport n’est jamais prêt ou alors il n’est pas rempli correctement. En tout cas, au moment où vous remettez le précieux sésame au chauffeur, vous avez de fortes chances qu’il lève les yeux au ciel, ce qui présage d’un trajet tout en marmonnements sur la situation des taxis de nos jours. Sinon, il y a les VSL, véhicules sanitaires légers, qui appartiennent à la catégorie des ambulances, mais c’est plus cher, du coup les hôpitaux préfèrent les taxis. Lesquels taxis font du transport conventionné parce que ça rapporte mais qui, dans les faits, s’engagent sur tellement de trajets qu’ils sont excédés la plupart du temps, ou hors-la-loi, ou les deux. Hors-la-loi, ça veut dire que pour un trajet effectué, ils se débrouillent pour cumuler deux ou trois trajets en réalité. Ça fait que vous vous retrouvez, en plein été dans le taxi avec votre bébé sur les bras (on ne m’a toujours pas dit que je pouvais attacher le  cosy sur le siège arrière), à faire le tour de la ville pour récupérer un vieux par ci, un gosse autiste par là, et déposer les deux personnes à leur domicile, avant de supporter une demi-heure de bouchons en plus pour vous retrouver -enfin- chez vous une heure et demi après le départ de l’hôpital, morte d’angoisse (mon bébé va se réveiller, il fait trop chaud, elle va avoir soif, mon Dieu ces bouchons, on n’avance pas, putain mais il passe par où là je ne reconnais rien etc etc etc.)

Je rentre chez moi. Comme chaque jour je compte les minutes qui me séparent du moment où François rentrera du travail. A priori je n’ai qu’une heure à tenir. Tenir, tenir, voilà à quoi se résume le fil ténu de ma vie de mère.

Il rentre.

–  « Ça va ma chérie ? »

J’entends en écho « Ça va Madame L. ? »

« Non ça va pas. Et pour ces histoires d’unité, il va falloir trouver une solution parce que moi j’y retourne pas dans votre truc là. J’ai failli mourir dans ce taxi qui a fait trois fois le tour de la ville. La –  petite avait super chaud (en vérité elle n’a pas bronché). C’était horrible. Et puis ça sert à quoi là bas ? J’ai vu personne de toute l’après-midi, je me suis fait chier. Franchement passer deux heures dans –  les transports pour trois heures là-bas, ça sert vraiment à rien. Ils servent à rien.

–  Mais tu te sens de rester toute seule avec la petite ?

–  Non. Mais franchement, faut trouver autre chose parce que ça c’est pas possible.

–  Mais tu dois y revenir quand même ?

–  Ben oui, on a convenu que j’irais les mardis et les jeudis, mais franchement, vu comme c’est galère, je suis pas sûre d’y aller »

Agacé : « On verra. »

Agacée : « Oui on verra. »

Dans ma barbe : « C’est tout vu… »

–  « Et la petite, ça a été au moins ?

–  Oh ben tu sais bien, elle ça va toujours. Elle a été super patiente dans le taxi. Elle est d’une patience ça m’épate. Et puis là-bas, bon on a pas fait grand chose, elle a eu un peu de mal à s’endormir mais après les infirmières l’ont prise et elle s’est calmée. Tout le monde s’en occupe mieux que moi de toute façon. Mais non, ça a été. Heureusement qu’on a ce bébé là sinon, je sais pas ce qu’on ferait.

–  Tu t’en occupes très bien. Et si on avait un bébé différent tu t’en occuperais aussi bien. Différent mais pareil. Tu es une super maman, le problème c’est que tu crois le contraire.

–  Oui, c’est pour ça que je suis à l’hosto la moitié du temps d’ailleurs.

–   Tu n’y es pas la moitié du temps. Et tu n y es pas parce que tu es une mauvaise mère.

–   En tout cas c’était horrible. Qu’ils étaient cons ces taxis ! »

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