Materno, kezako ?

Lundi 8 octobre 2018, 9 h 30. Sous le soleil insolite de ce mois d’octobre, 35 femmes, puéricultrices, sages-femmes, psys, éducatrices… se pressent à l’entrée de la mairie de Versailles. Dans une ambiance à mi-chemin entre rentrée des classes et colonie de vacances, nous venons goûter au plaisir d’apprendre, d’être en groupe, de s’offrir une parenthèse loin de notre quotidien. Certaines, bloc-notes et stylo dégainés, sont prêtes à en découdre. D’autres courent désespérément après un café, déçues de n’avoir pas trouvé un petit Thermos préparé à leur attention en ce premier jour de séminaire. D’autres encore, arrivées en délégation, se retrouvent avec une joie non dissimulée. Toutes sont venues participer à ce séminaire de maternologie clinique, organisé par l’association française de maternologie. Je suis l’une d’elles.

Mais la maternologie, au fait, qu’est-ce que c’est ?

La maternologie, discipline controversée, étudie et soigne la maternité psychique. Elle s’appuie principalement sur les recherches de Jean-Marie Delassus, médecin, philosophe et écrivain, fondateur de cette discipline.

L’incidence des difficultés maternelles graves est d’au moins 10 % à 15 %  des naissances, soit environ 80 000 mères concernées chaque année en France, un véritable problème de santé publique !

imagesLa maternologie souhaite agir spécifiquement sur la relation entre la mère et son bébé, en dehors de la psychiatrie, et idéalement dans les premiers mois suivants la naissance. Elle vise ainsi à soutenir la maternité et à protéger l’enfant dans son développement comme au niveau des risques de maltraitance.

Quelques bases de la pensée maternologique

  • L’instinct maternel n’existe pas. La maternité est plutôt une histoire d’apprentissage, de rencontre, de progression. Une relation peut évoluer ; elle peut se « réparer » lorsqu’elle est « en panne ».

Mother_and_Child,_1912

  • La maternité est un ensemble de trois dimensions physio-psycho-sociale, elle doit être envisagée de manière globale.
  • Dans la maternologie, la dépression postpartum (diagnostic le plus fréquemment posé) est considérée comme une conséquence et non comme une cause. La mère est déprimée parce qu’elle ne parvient pas à être mère. Il faut donc intervenir sur les causes de son mal-être et non sur les seuls symptômes, c’est pourquoi la maternologie recommande un soin spécifique, en dehors de la psychiatrie.
  • La prise en charge précoce des problématiques du lien mère-enfant permettrait d’éviter un certain nombre de placements, de prévenir les maltraitances et les troubles du développement de l’enfant.
  • La théorie maternologique s’appuie sur les stades de la maternogénèse, inspirés des stades du développement établis par la psychanalyse. Schématiquement, on considère que pour pouvoir assurer la naissance psychique de son enfant (le « transfert de l’originaire » en termes savants), la mère doit elle-même être passée par ces quatre stades de développement dans l’enfance. Si tel n’est pas le cas, des dysfonctionnements appelés « maternoses » ou « transféroses » pourront apparaître dans l’établissement du lien mère-bébé, mettant à mal la naissance psychique de l’enfant (dysnatalité).
Les 4 stades de la maternogénèse
Les 4 stades de la maternogénèse
  • Le soin maternologique s’appuie sur une prise en charge précoce (idéalement avant les 9 mois de l’enfant). Il s’agit d’offrir un cadre propice à l’expression des mères en souffrance : un environnement ouvert, contenant, bienveillant où le « non-agir » est une notion centrale.

La relation maternelle ne peut se prescrire, ni même se conseiller. Soigner, en maternologie, c’est rendre l’autre capable d’agir et non d’agir à sa place et pour lui.

Une attention privilégiée est portée à l’observation du bébé, qui représente le meilleur « symptôme » de l’état de la mère. La vidéo clinique est un outil privilégié pour capter les « micro-interactions » entre la mère et son bébé, particulièrement au moment de la tétée (au sein ou au biberon).

Voici résumés quelques concepts clés de cette semaine de formation. Ils ne sauraient être considérés comme suffisants pour faire le tour de la question et j’invite le lecteur intéressé à consulter le site de l’association française de matenologie, bien plus complet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s