Mais pourquoi donc ai-je fait un enfant ?

L’autre jour, je partageais sur ma page Facebook un article de Cheek magazine intitulé Journal du confinement : rester féministe (ou le devenir). Il y était question de ce que le confinement fait aux femmes et de tout le chemin qu’il reste à parcourir pour un partage égalitaires des tâches domestiques et parentales. Mais j’y ai surtout relevé cette phrase, qui, depuis, me trotte dans la tête :

« Enfin, reste cette question taboue mais qu’on va peut-être enfin aborder: pour quelle raison a-t-on fait des enfants? Pour les working moms, le confinement met en lumière ce que nos modes de vie prenaient le soin de cacher : ok pour la maternité, à condition que ce ne soit pas toute la journée. »

Pourquoi ai-je fait un enfant ?

Je n’ai jamais eu de désir d’enfant. Ça ne m’a jamais « fait envie » comme le décrit Marie Darrieussecq dans Le bébé : « Ça ne me manquait pas : ça me faisait envie ; comme quelque chose de matériel que je ne possédais pas. ». Je n’ai jamais eu de désir d’enfant mais je n’ai jamais eu non plus le désir de ne pas avoir d’enfant. J’ignorais tout du genre de vie que les femmes mènent lorsqu’elles n’ont pas d’enfant. Mes rares amies n’ayant pas d’enfant en auraient sûrement ou en auraient plus tard. Quant aux femmes de ma famille, elles ont toutes mis au monde au moins un petit. Trois ou quatre pour mes grand-mères. Plutôt deux pour la génération suivante. Mon arrière-grand-mère maternelle qui, ayant souffert en couches pendant 48h ou plus sur la table de la cuisine (c’est ce que dit la légende), n’aura eu qu’un seul enfant et aura « contraint mon arrière-grand-père à faire ceinture » (sic) pour le restant de leur vie commune, ce qui aura suffit à faire d’elle au mieux une originale, au pire une égoïste. Mais elle aura quand même donné, comme il se doit, son ventre à la nation. Ne pas être mère n’a jamais fait partie du champ des possibles. Les femmes sans enfant disparaissent des arbres généalogiques. Elles n’existent pas.

J’ai fait un enfant. Par automatisme. Pas trop pour faire comme les autres. Plutôt : quoi faire sinon ? C’était juste le cours des choses. La facilité déconcertante avec laquelle j’y suis parvenue (pas toute seule, j’en conviens) ne m’a donné ni le temps ni l’espace de me questionner. À aucun moment, mon ventre vide et le sang revenu ne m’ont permis de douter : »Et si je ne pouvais pas ? ». Je pouvais et je l’ai fait. Les questions, je me les suis posées après, trop tard. Pourquoi ai-je fait un enfant ? Pour avancer, passer une étape, cocher une case. J’ai fait un enfant comme on souffle une nouvelle bougie.

Quand on est féministe et qu’on travaille sur le sujet de la maternité, ce qui semble être mon cas, le premier argument qu’on vous oppose lorsque vous vous « plaignez » (synonyme de « revendiquer » mais aussi tout simplement de « réfléchir ») des conditions dans lesquelles s’exerce la maternité aujourd’hui, c’est : « Mais de quoi tu te plains ? Tu l’as choisi ! » Dans une société où on a accès à la contraception et à l’IVG, tous les enfants sont supposés être désirés et toutes les maternités être choisies. Mais comme le rappelle Orna Donath dans Le regret d’être mère, même si on a théoriquement le choix, la société attend de nous que nous fassions le bon choix : avoir des enfants et le bon nombre d’enfants. Ne pas souhaiter se reproduire reste encore une incongruité qui ne concerne que 5% de la population. Dans ce contexte, il est compliqué de faire la part de la volonté intérieure et du rôle de la norme : « En somme les femmes ne savent pas toujours très bien si avoir des enfants est quelque chose qu’elles voulaient, quelque chose qui est juste arrivé ou quelque chose qui leur a été imposé. »

Dans le livre d’Orna Donath, plusieurs témoins admettent qu’elles ont eu leurs enfants parce qu’elles ne s’imaginaient pas faire autrement, parce qu’elles voulaient avoir la paix, parce que leur mari les a menacées de les quitter, parce qu’elles pensaient que ça leur apporterait bonheur et épanouissement…  Mais « consentir » est très différent de « vouloir ».

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Être parent mais pas faire parent

Par ailleurs, pour en revenir à mon cas personnel, je voulais bien être parent mais je ne voulais pas faire parent, comme dans « qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? »

J’ai fait un enfant avec la certitude que je n’aurais pas à m’en occuper. Qu’une autre femme, ailleurs, tous les jours, se chargerait pour moi de bercer, langer, nourrir, avec la récurrence et la permanence qu’exigent les soins aux tout-petits. Je ne dis pas que c’est moral ou que j’ai eu raison de penser comme cela. Je dis ce qui est. Pour moi et la majorité des femmes actives de la classe moyenne et supérieure. Combien de fois n’ai-je pensé en récupérant mon enfant chez la nounou, où s’ébrouaient encore bruyamment une tripotée de gosses (seulement trois, en fait) : « Moi, je ne pourrais pas. »

Plus tard, j’ai conduit ma fille à la grille de la maternelle, combattive et déterminée : il faudrait qu’elle s’y fasse. Peu importe les larmes du premier jour ou des suivants ; peu importe que d’autres enfants, mauvais comme des teignes, lui disent « fatch » avec le pouce tourné, comme ça, vers le bas — traduction : « Tu crains » ; peu importe que l’attention et l’affection soient ici divisés par 30 ; peu importe la nourriture infâme de la cantine. Il faudrait qu’elle s’y fasse.

Elle n’a pas pleuré, ou si peu. Elle y va en courant. Elle offre des fleurs à la maîtresse. Elle dit que ça la rend triste quand S. lui dit « fatch ». Mais le lendemain, elle se réjouit : « S. m’a dit « copine » aujourd’hui ». (S. fait la pluie et le beau temps sur les joues de mon enfant.) Je me réjouis qu’elle consente (elle aussi). Parce que moi, je ne veux pas m’occuper d’elle. Moi, je veux travailler, me consacrer à des tâches nobles, riches et épanouissantes, faire de l’associatif, écrire et créer des projets. Être mère, le mercredi et le weekend, c’est bien, c’est presque déjà trop. Les vacances scolaires… heureusement qu’il y a le centre de loisirs, les grands-parents.

Alors forcément, me retrouver à m’occuper d’elle H24 à cause du confinement, ça me contrarie parce que ça n’était pas le deal. Pas celui que j’avais passé avec moi-même, pas celui que j’avais passé avec la société.

Mais pourquoi est-ce à ce point une corvée ?

C’est sans doute parce que :

  • On doit s’en occuper en plus de tout le reste. Entre le boulot, la maison, notre vie de couple qu’il convient de pimenter, le temps passé à modeler notre corps pour satisfaire aux normes esthétiques, nos enfants occupent comme ils peuvent les interstices fatigués. Même le confinement n’aura pas suffi à faire admettre, en particulier à nos dirigeants (parce que les parents, eux, le savent très bien), que s’occuper des enfants est un travail en soi et que ça demande du temps et de l’énergie. En fait, je soupçonne certains d’aimer les parents épuisés, moins prompts à se rebeller.
  • C’est du travail gratuit. Et comme on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche (ressources qui tendent de toute manière à se raréfier gravement), on est obligés de (télé)travailler à côté. Perso, en ce moment, tous les moments que je passe avec ma fille sont bercés par un tic tac frénétique : vivement qu’elle aille faire la sieste pour que je puisse bosser ! Et on revient au point ci-dessus.
  • C’est un travail pas ou peu considéré par la société. Être parent, c’est bien. C’est encouragé, il faut donner des soldats à la start-up nation. Mais faire parent n’apportera jamais aucune reconnaissance sociale, lesdites « mères au foyer » peuvent en parler. Ce travail, comme l’ensemble du travail reproductif (qui permet la reproduction de la force de travail et vise à préserver ce qui est), n’a pas de valeur aux yeux de la société, il n’a donc pas de valeur à nos propres yeux.
  • C’est peut-être pas si épanouissant que ça, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire (à votre avis, pourquoi les mecs ne sont pas hyper enthousiastes à l’idée de partager 50/50 ? ) Le boulot de mère est censé être gratifiant en soi. Mais s’il peut éventuellement être gratifiant de contribuer à l’épanouissement d’un petit être humain, il n’en reste pas moins qu’au quotidien, ce noble but consiste en une succession de choses à faire qui, elles, ne sont pas forcément passionnantes. Et on est tellement persuadées que nous devons absolument kiffer tout ce qu’on fait avec nos enfants, que nous devons être épanouies là-dedans, que nous culpabilisons quand ce n’est pas le cas, au point de nous dire « Je n’aurais pas dû. » Et bien moi je pense qu’on s’occupe parfois de nos enfants parce qu’on le doit. Sans passion. Ça fait partie des choses à faire. Perso, je suis une bonne maman, je veux dire : de celles que la société classe dans la catégorie « bonne mère ». Je l’amène au musée, au cinéma, au théâtre, à la piscine, à la bibliothèque (pas en ce moment, évidemment), on lit des histoires, on fait des gâteaux,  on fabrique des trucs, je limite le temps d’écran, je ne mets pas de fessée etc. Pourtant, je n’adore pas être maman. Je m’occupe bien de ma gamine, mais qu’on ne vienne pas me demander d’adorer ça, alors qu’on ne me donne ni temps ni argent ni reconnaissance pour le faire. C’est pervers. Je fais tout ça parce que je pense que c’est important, parce que j’aime ma fille, parce qu’elle le mérite et qu’elle n’a pas choisi d’être au monde, en bref, parce que j’en ai le devoir. Mais je ne prends pas toujours de plaisir à faire tout ça. Et de le dire, ça va déjà mieux.

56 commentaires

  1. j’aime j’aime j’aime et je me tourmente pour savoir si je l’envoie à ma fille de 30 ans qui aimerait maintenant être enceinte
    biz clr

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    • Merci. Ahhh, l’éternelle question : faut-il dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité sur la maternité ? Moi je pense qu’il faut dire. Après, en tant que mère, on peut craindre de dire à sa propre fille que la maternité c’est pas si cool que ça, de peur qu’elle entende « Être TA mère, ce n’était pas si cool que ça ». Par exemple, je me demande toujours ce que pensera ma fille de mes textes si elle les lit, plus tard. ça me fait flipper. Je pense que c’est aussi beaucoup par peur d’être mal comprises que nos mères maintiennent le tabou. Je ne t’ai pas du tout aidé, je pense 😂

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    • J’ai 32 ans et ferai sûrement partie du 5% mentionné dans l’article, j’ai été un « bébé accident de stérilet mal placé » qui a coupé les ailes à ma mère quand elle avait 20 ans mais jamais je n’ai senti qu’elle ne m’aimait pas. Je pense qu’avec une bonne communication (« je t’aime énormément mais pas les corvées qui sont liées à n’importe quel enfant ») il n’y a rien qu’une adulte ne puisse pas entendre de sa mère. Oui, dites-le lui.
      La seule chose dont il faut tenir compte pour comprendre qu’elle risque fort de s’entêter… c’est qu’une majorité de femmes, si elle renonce à la maternité, doit trouver une alternative, pour se trouver un autre but dans l’existence. Peu d’entre nous sont des passionnées ou des carriéristes chevronnées pour qui il est évident qu’il existe des tas de choses intéressantes à faire pour pouvoir se réaliser. Ce n’est pas une tâche facile, bien moins que de suivre le chemin habituel que vous décrivez si bien.
      Merci pour cet article qui moi, me conforte encore un peu dans mon « choix consenti » que probablement je ne voudrai pas d’enfants.

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  2. Perso, je suis mère de foyer solo (car problèmes de santé donc pas d’autre choix) en confinement et je remarque bien que je ne compte pour rien. Mon cas est repris nulle part, alors que oui, être mère c’est un taf, qu’on aime ou pas. Moi, j’aime donc c’est déjà ça mais je termine lessivée à la fin de chaque journée…

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  3. Hello, on m’a signalé ce texte car je partage complètement votre point de vue.
    Je dirais même que ce n’est qu’une fois enchainée (après avoir fait deux gosses) que je me suis autorisée à me poser ces questions…Je trouve des raisons bien collectives et plus personnelles. Mais je fais partie de ces daronnes qui préfèrent de loin avoir une vie épanouies et remplies mais pas par la daronitude. Je m’éclate avec mes copines, mon boulot, mes activités sportives et j’aime mes enfants, mais je leur souhaite de trouver leurs trucs le plus rapidement possible et de ne pas être dépendant de la famille. Ce confinement me pèse, il entrave ma vie extérieure, la vie professionnelle s’est incrustée chez moi (et elle n’a du coup plus autant d’intérêt que quand je devais me déplacer) et mes gosses me sollicitent en permanence…Je ne sais pas si on est en train de changer de paradygme mais j’entends de plus en plus parler de ce genre de réflexion et ça me plait!!! Je regrette tellement que le festival verybadmother ne puisse pas se tenir. Vous connaissez? et oui il fait en parler avec votre fille Claire Ricciardi!!! même si elle n’est pas prête à l’entendre aujourd’hui, ça sera le début de quelque chose à transmettre. Merci pour votre texte

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    • Merci pour votre message. Bien sûr j’ai entendu parler de Very Bad Mother et je regrette beaucoup que le festival n’ait pas lieu moi aussi. Je vous souhaite de retrouver rapidement un rythme qui convienne mieux à votre équilibre et vos aspirations. Malgré tout, ce confinement nous aura permis de nous poser beaucoup de questions sur notre rapport à la maternité, la famille, le travail, le sens etc. et c’est au moins ça de pris. Si vous n’avez pas lu Le regret d’être mère, je vous le recommande chaudement. Un livre indispensable, même pour celles qui ne se reconnaissent pas dans la team de celles qui regrettent franchement.

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  4. Merci pour le conseil lecture que j’avais repéré en parcourant votre site ! J’attends le post confinement pour filer à la librairie (suis sûre que je vais devoir le commander…)
    Yes tout à fait d’accord pour le temps de confinement qui peut être (big up à toutes celles qui travaillent) propice à des réflexions intéressantes sur nos rapports à ce désir/consentement/envie d’enfant, à notre rapport quotidien à eux…Merci pour votre article vraiment ça me booste de partager cette expérience.

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  5. Il m est inconfortable de partager une opinion au sein d’un blog féministe, je ne me sens pas légitime pour défendre mes idées, issues de frêles intuitions, introspections et fragilités.

    J’ai été très touché par ce que vous avez écrit là. Je me retrouve, au masculin, dans plusieurs passages.

    Je prends mes responsabilités en tant que père, je cherche l equité dans le parentalité et c’est loin d’être évident. Je cherche à appuyer l’épanouissement de ma femme. J’aime mes enfants mais je n’aime pas la parentalité . Et comment j’aurais pu le savoir avant? Je les aime mais le plaisir, le passion ne sont pas là. Ça me demande tellement que je dois m’oublier pour eux. Ça me met mal. Mais ils en peuvent quoi eux?

    Pourquoi ai-je fait deux enfants ? Sujet bien tabou, encore plus dans le couple.

    Merci pour ce partage, ça m’aide à avancer.

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    • merci pour votre retour. La « chance » que vous avez en tant que père, c’est sans doute que la paternité est moins considérée comme innée, et ce n’est pas considéré comme l’ultime accomplissement pour les hommes autant que pour les femmes, donc ne pas adorer ça est peut-être moins considéré comme une tare. La « malchance » que vous avez, c’est que tout le monde s’en fout des états d’âme des pères… Donc compliqué pour vous d’avoir des espaces pour explorer ça, en discuter, trouver du soutien etc. Merci, vraiment, pour votre partage ici. Et puis, en tant que féministe, je ne peux que vous encourager à vous emparer de la paternité, en pratique, bien sûr, mais en tant que sujet de réflexion. Ça vous dit pas s’ouvrir un blog ? 😉

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  6. Merci pour votre article. Il existe une solution pour pouvoir lâcher la reconnaissance extérieure et ce sentiment de devoir être mère et donc être une femme et une mère épanouie : c’est le travail de guérison intérieure donc sa propre reconnaissance grâce à son amour inconditionnel envers soi-même. Je vous parle de tout ça car j’étais hyper stressée quand mon fils est né, j’étais dans des projections et donc dans mon mental… J’ai eu une relation très conflictuelle avec lui jusqu’au jour où j’ai compris que j’avais à apprendre à être heureuse pour que mon fils soit heureux. J’ai commencé alors la mise à jour de mon mindset…. Pas facile, tout ce travail de reconnexion à soi, à accepter d’accueillir mes émotions dont je m’étais coupée par survie.. Mais ça en vaut la peine… Aujourd’hui, je me sens bien dans mon corps, dans ma tête, je m’accepte et m’aime telle que je suis, je me soutiens et je n’attends plus qu’on subvienne à mes propres besoins du coup, je suis plus dans l’instant présent et j’accepte mon enfant tel qu’il est et je peux l’élever dans l’amour inconditionnel car je me donne cet amour. C’est la clé pour être une femme et une mère épanouie.

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    • Merci. Personnellement, c’est dans l’écriture et la créativité en général que je trouve mon a épanouissement. Mais je ne suis pas sûre qu’il faille absolument chercher à « être une femme et une mère épanouie ». Je suis plutôt dans un mouvement qui consiste à ne rien chercher. Est-ce que ça correspond à « amour inconditionnel » ?

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      • Pour moi l’amour inconditionnel est en relation avec l’être, C’est arrêter de se juger, de se critiquer, de se trahir, de s’humilier, de s’abandonner… Êtes vous heureuse aujourd’hui ?

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      • Je ne saurais répondre à une question aussi profonde que “êtes vous heureuse” en quelques mots. Quand je dis que je ne cherche rien, c’est que je ne cherche pas non plus à être heureuse. Pourquoi le bonheur serait-il le but ultime de l’existence ?

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  7. « En fait, je soupçonne certains d’aimer les parents épuisés, moins prompts à se rebeller. »
    Depuis que je suis mère et que j’ai repris le travail, j’y ai toujours pensé ! Et c’est aussi le meilleur moyen d’avoir des travailleurs dociles, de la main d’œuvre corvéable à merci car, une fois qu’on est responsables d’autres personnes que nous-mêmes, on a un peu le couteau sous la gorge et on a besoin de nos rentrées d’argent pour faire survivre la petite famille ! Pour peu qu’on ait un/des prêts à rembourser 😓 alors rêvons de la société que l’on veut et cherchons à la faire mettre en place suite à cette crise !

    Et sinon j’ai trouvé tout l’article très intéressant, partagé par Graines de Parentillages sûr Facebook. Et oui il faudrait vraiment pouvoir réfléchir avant de faire des enfants pour être sûrs qu’on en veut vraiment… parce que oui, ça occupe tout ton temps 😆 le problème de la non reconnaissance et non rémunération du travail fait en temps que mère aussi est un vrai problème. Personnellement je suis très heureuse de ce temps de confinement où je peux me consacrer à ma famille et à mes petits plaisirs (cuisine, lecture, broderie, sport, etc) sans gérer le boulot à côté, les deadlines, les transports, les horaires… et ça me fait vraiment penser encore une fois qu’il serait merveilleux que l’on puisse vraiment avoir le choix de sa maternité et de ses modalités. Que celles qui veulent être mères mais ont besoin de garder une vie professionnelle en parallèle puissent faire garder leur(s) enfant(s) tôt, mais que celles qui souhaitent rester à leurs côtés au moins la première année puissent le faire avec une aide financière qui ne soit pas une blague par rapport à leur salaire habituel ! Utopique ? Sans doute. Mais sans rêves on n’avance pas en temps que société 😉 et aujourd’hui me semble être un des meilleurs moments pour rêver d’un monde différent.

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  8. Très intéressant comme point de vue, qui doit concerner énormément de personnes, et qui nous remet tous en question sur cette « automatisation » de la conception d’un enfant.

    En revanche merci de ne pas conclure trop vite sur l’avis des hommes au sujet du 50/50. Car 1) je ne sais pas d’où vous sortez cette opinion (idem pour les 5% de gens ne souhaitant pas devenir parent, un lien vers une source aurait été bienvenu), et de 2) je peux vous assurez qu’autour de moi, beaucoup d’hommes le souhaiteraient.

    Peut-être que cette pic est partie un peu rapidement, comme un mauvais réflexe 😉

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    • Sur les 5% de personnes ne souhaitant pas avoir d’enfant, source Ined : “ La part de la population qui ne souhaite pas avoir d’enfant demeure très faible, de l’ordre de 5 % : 4,4 % chez les femmes et 6,8 % chez les hommes, selon une enquête de l’Ined de 2010”. Sur le déséquilibre des tâches parentales et domestiques, source Insee : “En 2011, les femmes effectuaient toujours l’essentiel des tâches domestiques – 64% du temps quotidien consacré aux tâches domestiques est pris en charge par la gent féminine, contre 69% il y a vingt- cinq ans – comme des activités parentales : 71%, contre 80% il y a vingt- cinq ans.” Je ne nie pas que certains hommes ont envie de s’investir, mais dans les faits ça n’est pas le cas. S’ils le « souhaiteraient » pourquoi ne le font ils pas ? Les femmes, elles, font le job, même si elles « souhaiteraient » avoir plus de temps pour elles.

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  9. Merci pour ces vérités ! Je suis une femme de 34 ans et fonder une famille ou devenir mère ne fait pas partie de mes projets de vie. Tres longtemps que je le sens mais peu de tps que je l’assume.tellement de jugement de la part des autres. On sent qu’on ne fait pas complètement partie de la société qu’il manque qqch à sa réalisation ds sa vie d’adulte et de femme. Comme si on restait au stade ado finalement. C’est qu’il y a forcément qqch qui ne va pas. Certains pensent que je suis dans le déni ! Er vous voulez la cerise sur le gâteau ! ?!….. je suis….. sage femme et passionnée par la naissance par les femmes par les bébés ! ! J’en suis malheureusement arrivée à un stade où je suis saoulee par la maternité justement petite pause ds ma vie professionnelle pour enfin vivre ma vie de femme libre de mes choix!

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  10. merci pour vos mots (et vos maux…), j’ai 2 enfants, 2 filles (3 ans et 3 mois) que j’aime plus que tout au monde et pourtant… avec ce confinement je ne peux pas m’empêcher de me dire que si c’était à refaire… je ne le ferais pas! trop de sacrifices, trop d’attentes… de tout le monde en fait!! seulement voilà… je suis en couple depuis plusieurs années, une grande maison, un grand jardin, le chat, les poules… il ne manquait que les enfants…
    pour ma part je culpabilise encore de penser que j’ai tout sacrifié pour elles alors oui l’écrire et le lire fait un bien fou!!! c’est un début.

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  11. Je suis outrée de lire toutes ces choses. Ces femmes sont avant tout des égocentriques.vous n auriez jamais du faire d enfants et je les plains les pauvres de vous avoir pour mère. Combien de femmes dans ce monde aimeraient être à votre place… je suis sciée .

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    • Je peux comprendre que ce vécu et la façon de l’exprimer vous choquent. Vous avez dû rater la partie où je disais que, malgré une relation compliquée à la maternité, je m’occupe très bien de mon enfant. Elle n’a donc aucune raison d’en souffrir. Elle a la chance ou la malchance d’avoir pour mère une personne qui se pose des questions. Apparemment je ne suis pas la seule, il semble donc que ces questions méritent d’être posées. Peut-être que grâce à cela, nos filles feront, plus tard, le choix de devenir mères ou non sur des bases plus réalistes, plutôt que de simplement reproduire un schéma préconçu pour elles. Personnellement, je m’en réjouis.

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      • Bonjour, « …malgré une relation compliquée à la maternité, je m’occupe très bien de mon enfant. » On fait chacun selon nos critères. On investit la relation avec nos enfants comme on a envie de l’investir. Je trouve la question très, très intéressante et essentielle (j’ai 7 enfants et je me pose beaucoup, beaucoup de questions). Et je me demande pourquoi certains(es) ont des enfants. Je trouve très juste ceux qui décident de ne pas en avoir mais pas facile de prendre cette décision quand on n’a jamais eu d’enfant, et de tenir face à la pression de la société. Vous vous posez cette question : « Mais pourquoi est-ce à ce point une corvée ? »
        « On doit s’en occuper en plus de tout le reste. »
        Pour moi, la vie avec mes enfants est l’essentiel, la priorité (la vie d’un enfant est essentielle). Et je fais partie de cette priorité dans cette relation sinon cela n’aurait pas de sens. Il y a une différence entre s’occuper et vivre sa relation avec…. Alors bien sur dans « s’occuper des enfants » , il y a une part « technique », répétitive, mais comme dans tout. ..et qui n’est pas « forcément passionnantes » clairement à la longue… mais à la longue aussi l’objectif, c’est l’autonomie, alors du coup les tâches s’allègent.
        Quant à l’aspect, « on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche », certes, mais on peut faire des choix qui font que l’un dans l’autre on peut vivre avec un seul salaire, ou travailler autrement (de chez soi), ou se partager le temps, …. bref j’ai plein d’exemples. Je serai pour un revenu universel quelque soit les revenus du foyer et notamment pour les « femmes au foyer » pour lesquelles il n’existe aucun statut car effectivement il y a un aspect « travail » (si je ne prends pas en charge mes enfants quelqu’un d’autre sera payé à le faire), et « C’est un travail pas ou peu considéré par la société. ».
        « J’ai fait un enfant avec la certitude que je n’aurais pas à m’en occuper. Qu’une autre femme, ailleurs, tous les jours, se chargerait pour moi de bercer, langer, nourrir, avec la récurrence et la permanence qu’exigent les soins aux tout-petits. Je ne dis pas que c’est moral ou que j’ai eu raison de penser comme cela. Je dis ce qui est. Pour moi et la majorité des femmes actives de la classe moyenne et supérieure »
        J’ai des enfants pour vivre avec eux des relations profondes et intenses. Comme je le choisis de vivre avec d’autres personnes que mes enfants.
        Les bercer, les nourrir, les langer, … sincèrement j’ai aimé cette exigence qui est de l’ordre de la vie (vital). Elle me semble si essentielle car dans bercer, nourrir, langer, prendre soin, … c’est prendre soin de l’humanité.
        Quand mes enfants étaient scolarisés en présentiel, j’étais leur nounou. Je m’occupais du quotidien, répétitif, pas passionnant (je me suis diversifiée depuis), … Quand j’ai su que l’école n’était pas obligatoire, la lumière s’est allumée et enfin j’ai eu du temps pour vivre nos relations. Enfin je m’éclatais, je me passionnais, j’ai découvert une autre vie, un autre temps, le lâcher prise, le souhait d’autonomie à tous les niveaux (santé, alimentation, …). J’ai gardé des moments et des espaces seulement pour moi. J’ai parfois perdu de mon territoire et j’ai du le reconquérir que ce soit avec mes enfants ou mon conjoint.
        Alors oui, nous sommes des parents de fait. Je suis pour valoriser le statut des femmes dans les choix qu’elles font et que les hommes s’impliquent plus dans la gestion quotidienne du « foyer ». Je suis pour un rééquilibrage et une meilleure distribution des tâches mais même si je ne pense pas qu’il y a des « bonnes » et donc des « mauvaises » mères, il y a bien plus que « s’occuper d’un enfant », plus que de l’emmener « au musée, au cinéma, au théâtre, à la piscine, à la bibliothèque ».
        « Moi, je veux travailler, me consacrer à des tâches nobles, riches et épanouissantes, faire de l’associatif, écrire et créer des projets. Être mère, le mercredi et le weekend, c’est bien, c’est presque déjà trop. Les vacances scolaires… heureusement qu’il y a le centre de loisirs, les grands-parents. »
        Et bien, il n’y a pas d’un côté les taches nobles « ça me fait mal ce terme-là) et les tâches « ? » … pas nobles ?…
        Quand je lis ce passage, je me demande pourquoi vous avez eu des enfants. Pourquoi ne pas marrainer des enfants ? Quand je pense souvent au temps qu’il me manque avec mes enfants !? Vivre avec un enfant, ce n’est pas juste l’aspect consommation/ activités plaisir/ … J’ai l’impression que tout doit être « passionnant, riche, diversifié ». J’ai l’impression d’une course poursuite. On peut aussi envisager comme un continuum dans le quotidien qui ne catégorise pas tout, qui ne divise pas tout, qui n’oppose pas tout et qui fait que la vie est vécue dans l’intention, l’intensité que l’on y met.
        Ne plus seulement être la nounou de mes enfants, être une représentation de ce que la société attend de nous, m’a permis d’aller voir ailleurs, d’imaginer autre chose, de souhaiter autre chose, de réaliser comment on traite les femmes et les enfants dans notre société. Soit on est une femme au foyer, soit on est une femme qui travaille. Soit les enfants vont à l’école, soit ils n’y vont pas. En fait entre les deux, il y a un champ d’infinies possibilités et sincèrement c’est passionnant. Il semble que l’on nous réduise à ces 2 choix, mais il y en a tant ! Je serai pour une société ouverte ou effectivement les parents ne seraient pas les seuls référents familiaux et sociétaux. Mais avec une vraie liberté de circulation et pas avec des obligations de travail, d’instruction, … Nous sommes confinés par les attentes de la société mais qui sont les nôtres au bout du compte. Sortir de la « norme » , prendre de la distance par rapport aux injonctions de toutes sortes, m’a libéré à bien des égards.

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      • Bonjour, je ne vais pas répondre point par point parce que je n’ai rien à défendre et que ça m’épuise d’avance. Il y a une forme d’ironie dans mon texte que vous n’avez pas perçue. En gros, quand je dis que moi je veux me consacrer à des tâches nobles, épanouissantes etc., j’exagère et je me moque de moi-même. C’est ma manière d’écrire. J’assume une forme d’outrance. Il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre. Ce que je fais ici, c’est de l’art, pardon pour le grand mot, c’est à dire que j’exprime une subjectivité que je tente de sublimer et de faire rejoindre quelque chose de plus universel. Je ne fais pas de politique (quoi que), je ne fais pas du journalisme (ce que je fais par ailleurs avec autant d’objectivité que possible), et surtout, surtout, je n’ai rien à vendre, ni à défendre, et je ne cherche à convaincre personne. Je lis des messages très longs et très argumentés qui tentent de m’expliquer ce que je n’aurais pas compris dans la maternité. Encore une fois, je ne suis pas ici la véritable mère de ma fille, je suis une mère qui écrit sur sa relation à la maternité, c’est très différent.

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  12. On me partage votre article et je souhaite voir les choses plus positivement. Mon avis sera bien plus nuancé que le vôtre. Et pourtant, je pensais comme vous il y a encore quelques semaines : oui je n’ai pas eu de désir d’enfant, oui je suis féministe, oui j’aimerais travailler plutôt que de faire des tâches quotidiennes pour notre foyer… et non je ne vais jamais juger celles qui ne veulent pas d’enfant.

    Pourtant depuis ce confinement je me découvre plus disposée que je l’imaginais à faire la maîtresse d’école, l’animatrice de loisirs, la cuisine en famille, des jeux de sociétés…et à imaginer des activités familiales pour nous rapprocher tous les 4, pour nous sécuriser et pour nous responsabiliser. Mon travail ira au rythme où je peux aller, je n’ai pas un métier prioritaire et indispensable donc ça attendra…

    Je pense aussi, que comme moi, vous savez à quel point notre rôle de mère est valorisant et valorisée. Car d’une part, je ne vais pas attendre que la société le reconnaisse pour le faire valoir, et d’autre part, nous en sommes conscientes entre nous. Je prends ce droit de dire haut et fort que je suis mère et fière de l’être!

    Oui ce n’est pas tous les jours facile, oui je vais me plaindre parfois, et oui je ne suis pas une super mom! Mais je fais de mon mieux et je suis ravie d’apprendre de nouvelles choses à mes enfants chaque jour, même infimes soient-elles. C’est grâce à eux que je me redécouvre, que j’évolue chaque jour, que je me motive à me bouger et à aider cette société en crise par quelques actions possibles, infimes soient-elles.

    Non la maison ne sera pas rangée/nettoyée tous les jours, oui demain ce sera sandwich ou pizza, oui ils auront regardé 1h de dessins animés aujourd’hui, non ils n’auront pas pris leur douche tous les jours, non je ne serai ni maquillée ni épilée! Mais quelles sont mes priorités ? Être détente avec mes enfants et valoriser ces moments ou me contraindre soit-disant à une norme sociale (et en culpabiliser) ?

    Nous avons réorganisé la parentalité au sein de notre couple pour que chacun ait des moments de travail, de parentalité…on se réorganise. On se gratifie plusieurs fois par semaine en famille d’être ensemble, en bonne santé et en sécurité confinés. L’amour qu’ils nous donnent vaut de l’or.

    Prenez de profondes et longues respirations, faites du développement personnel, de la gym dans votre salon avec vos enfants et trouvez le positif 🙂

    Merci, bon courage à vous tous, hommes et femmes! Faisons équipe en famille imparfaits, libres et heureux!

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    • Bonjour. Merci pour votre commentaire. Voir le positif a probablement de l’intérêt dans ma vie (quoi que, je préfère vivre le négatif sereinement plutôt que chercher le positif) mais ça n’aurait pas beaucoup d’intérêt ici. À quoi bon écrire encore un post qui nous dise comment vivre au mieux le confinement, la maternité, et toute autre chose ? J’ai choisi le côté obscur, qui ne s’exprime pas suffisamment à mon sens.

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    • C’est dommage de parler d’épuisement. Je préfère parler d’échanges enrichissants et diversifiés 🙂 Et tout va bien, je n’ai pas argumenté du tout. J’ai juste eu envie de parler de moi et de ce que j’ai ressenti en lisant votre texte.. Bonne journée !

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      • Merci d’avoir parlé de vous, vraiment. Je suis épuisée mais ce n’est pas de votre faute. J’ai sans doute mal perçu une partie du message mais ce sont les effets indésirables de l’échange écrit, qui plus est sur des sujets sensibles. J’apprécie tout ce qui se dit ici. Mais je tenais à clarifier aussi ma posture pour ne pas que mes propos soit pris au pied de la lettre.

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  13. Bonsoir.
    Et merci pour cet article. Je fais partie de ces femmes entrepreneures/créatrices, féministe (depuis quelques années), et fatiguée des relations de couple qui plus est, célibataire sans enfant (j’ai été nourrice de nombreuses années).
    A 33 ans, les questions fusent, les échanges avec les amies-mères célibataires aussi. Les retours sont souvent les mêmes : 1 j’aime mes enfants; 2 à refaire, je ne suis pas certaine que j’en aurais; 3 je ferais l’enfant et je virerais le mec (pas d’offenses envers vous messieurs), je constate qu’absolument aucune de mes amies n’a gardé son couple plus de 3 après la naissance du premier enfant… Je me sens tiraillée entre deux opposés. La vérité c’est que la partie penchant vers la maternité a sa part de non choix, de non liberté, comme si je ne pouvais pas le décider pleinement. Alors j’envisage la version famille d’accueil ou relais (pour plus tard, j’ai le temps). La grossesse ne m’intéresse pas, c’est déjà une vraie info, et, si j’en ai vraiment l’envie, l’adoption reste envisagée. En tous cas, j’ai une sensation d’échec sans mat : aucune réponse pleine, et comme si j’allais me planter, quelque soit mon choix final.
    Merci pour cet article, pour cet espace d’expression et votre lecture. Beaux moments de retrouvailles personnelles si vous en avez.

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  14. Bonjour,
    Voici une réponse à la question « Pourquoi devenir parent ? ». La trouvaille il y a 35 ans m’avait motivé de devenir parent. (Concernant le côté « faire parent » c’était copie conforme au vôtre, La daronne perchée).

    À l’âge de 25 ans, j’ai lu le livre « C’est quoi le bonheur ? » (Il était en suédois, je ne sais pas s’il existe en français.)
    Oui, je sais La daronne perchée, le bonheur n’est pas votre objectif dans la vie, mais moi, au fond de moi, j’étais très malheureuse et je cherchais à devenir plus heureuse. (Sourire provoquait chez moi du plaisir, mais ce n’était pas suffisant.)
    Le livre faisait une synthèse de plusieurs recherches qui posaient justement la question « C’est quoi le bonheur ? » aux personnes de différents plages d’âge entre 10 et 80 ans.
    Lecture intéressante. J’étais particulièrement intéressée de l’avis des personnes dans l’âge de 70-80 ans.

    Donc, c’était quoi le bonheur pour eux ?
    1. Ne pas brouiller du noir, cela veut dire de laisser des choses négatives derrière soi et aller vers l’avant.
    => Pour moi, il s’agissait d’un effort mental + des séances avec des psychiatres et formations pour purger des pensées négatives en moi pour y arriver.
    2. Ne pas avoir à regretter ce qu’on n’a pas fait, c’est-à-dire, être courageux et réaliser ses rêves.
    => Choses faites : Immigrer en France + prendre une année sabbatique et faire le tour de monde.
    3. À la fin de sa vie, être contente d’avoir fait quelque chose qui reste quand on n’est plus là, avoir fait une réalisation importante ou avoir des enfants.
    => Voilà ce qui était pour moi la réponse à la question « Pourquoi devenir parent ? ».

    Cependant, c’était l’éducation traditionnelle (brutalisant, non respectueux, amour conditionnel sans empathie) que j’avais reçu de mes parents, qui était la cause de ma tristesse profonde. Et qui m’avait si conditionnée que je ne savais pas comment être avec mes propres enfants (3 en 13 mois). Cela faisait qu’être mère était une pure épreuve pour moi avec peu de plaisir. Je ne les frappais pas, mais je les criais dessus comme une malade par épuisement afin de les effrayer à l’obéissance. (Pas bien du tout.)
    Dommage que je n’avais pas fait les séances avec des psychiatres et suivi des formations plutôt pour devenir une personne plus épanouie, et plus cool pour mes enfants.
    Et ainsi avoir eu plutôt du plaisir pour le côté « faire parent ».

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  15. Merci pour cet article si intéressant, lucide et bien écrit !
    C’est un sujet intéressant et très peu développé, alors que nous avons tellement besoin de lire ça… J »adorerais que vous écriviez un livre !

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  16. « qu’on ne vienne pas me demander d’adorer ça, alors qu’on ne me donne ni temps ni argent ni reconnaissance pour le faire. »

    Vous ne pouvez rien apprécier dans la vie si vous n’êtes pas payée pour le faire ? Ou si ça ne déclenche pas l’admiration de votre voisin ? Vous avez un rapport terrifiant à la société…

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  17. Merci de ton témoignage. Je crois qu’il me permet de mieux comprendre ma mère.

    Elle aussi cherchait à cocher toutes les cases de la « bonne mère » : activités ludiques, vacances quand on pouvait, sorties culturelles etc. Mais avec toujours une sorte amertume en toile de fond.

    Impossible de se départir de la sensation que nous, les enfants, étions des poids dans sa vie. Qu’on l’emmerdait. Qu’elle aurait préféré faire autre chose. C’était des petites remarques d’agacement régulières, sa patience toute relative avec le bruit et le désordre (alors qu’un enfant, invariablement, ça en créé…), des longs soupirs quand on lui demandait quelque chose… Rien de bien méchant. Des petites choses ça et là. Mais suffisamment parlant et récurrent pour qu’on sente cette amertume.

    Je te souhaites de mieux la dissimuler qu’elle.

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    • Merci pour votre témoignage, c’est touchant et un peu flippant. Je passe mon temps à me demander si ma fille souffrira de mon rapport conflictuel à la maternité. Probablement que oui. Mais peut-être pas, parce que ce truc, je l’assume. Il y a probablement mille choses inconscientes que je refoule et qu’elle me reprochera alors que je ne me doute même pas qu’elles lui font du mal. Comme aurait dit Freud à l’une de ses patientes : « Faites ce que vous voulez, de toute façon, vous ferez mal. »

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  18. Par rapport à la valeur assignée par la société au fait d’être parent, c’est sans doute dû au fait que même si la valeur est énorme (puisque la société disparaît s’il n’y a plus de descendants, bien évidemment) elle reste diffuse. Les mères sont cruciales, mais chaque mère individuelle ne l’est pas. D’où la pression sociale qui va de pair avec un manque de reconnaissance. En réalité, ce n’est pas contradictoire, juste froid. C’est le même mécanisme

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      • À bien y réfléchir, je pense identifier deux mécanismes. Tout d’abord celui dont j’ai parlé précédemment, donc le fait que la valeur est collectivement importante mais répartie entre de nombreux individus. Que ce soit les profs, les mères, les travailleurs sociaux, etc. des centaines de professions et occupations sont essentielles mais ceux qui les pratiquent sont souvent interchangeables du point de vue de la société. C’est-à-dire que les gens vont avoir un désir culturel de voir ces personnes faire leur boulot ou prendre leurs responsabilités, mais ne vont pas aller jusqu’à les traiter avec respect parce que ce n’est pas de là que vient le sentiment.

        Par exemple, comme vous l’avez mentionné dans votre texte, on met la pression sur les femmes de manière automatique et presque inconsciente, mais comme cette pulsion vient de valeurs culturelles forgées à travers le temps qui favorisent la natalité et pas d’un intérêt concret pour l’individu en question, il en résulte un manque de considération qui parait contradictoire.

        On en vient au deuxième mécanisme qui est que on a tendance à évaluer une personne ou une ressource en fonction de son accessibilité plutôt que son apport collectif. C’est un peu comme l’expression « trop bon, trop con ». Quelqu’un prêt à se sacrifier va en général être vu comme quelqu’un avec un faible statut social, alors qu’il n’est pas rare d’avoir des individus explicitement néfastes pour la société être traités avec respect. Pour notre cas, on a donc la majorité des mères prêtes à endosser leurs responsabilités sans rechigner, et c’est justement ça qui contribue cruellement au fait qu’elles sont moins respectées en tant que personnes individuelles. De la même manière, le fait que de nombreux profs et travailleurs sociaux etc. sont prêts à se sacrifier fait que leurs salaires sont ajustés à la baisse, alors que des professions globalement néfastes comme certains spéculateurs sont ajustés à la hausse puisque les forces du marché encouragent de gros salaires dans ce cas. Les gens serviables et héroïques sont interprétés (consciemment ou non) comme corvéables à merci.

        Après, c’est un point de vue assez théorique et peut être trop cynique et je ne prétends pas comprendre le monde. C’est juste l’intuition vers laquelle je suis porté après avoir lu votre blog.

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  19. Tellement vrai. Le bien fou de lire une maman qui s’exprime librement sur cela. Sans peur d’être mal perçue. Et pourtant je n’estime pas être soumise à quelque pression que ce soit. Mais dans ce tourbillon de réflexions qui m’a prise dès la naissance de mon fils ce sont ajoutés les affres du handicap mental qu’il porte. Et l’insidieuse idée d’en être en partie responsable… alors le moment où il sera heureux et pourra pendre son envol en toute indépendance n’est pour le moment qu’un doux rêve

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  20. Bonjour, et merci ! Je réalise comme vous que « j’ai fait un enfant avec la certitude de ne pas avoir à m’en occuper ».
    Et je n’arrive pas à culpabiliser. D’une part mon conjoint et moi avons fait un enfant à deux – d’ailleurs il a pris un congé parental à ma reprise du boulot -. Enfin – et sans jugement aucun sur celleux qui penseraient le contraire: pourquoi, alors qu’élever un enfant est si riche, recoupant des activités si diverses, doit-on considérer que c’est un package complet à prendre ou à laisser ? Et pourquoi devrait-on considérer que ce qu’on fait « à côté » de la maternité retire forcément quelque chose à son enfant (du temps, de la disponibilité, de l’amour).

    La manière dont est organisée le soin aux enfants dans notre société pose problème ne serait-ce que par l’exploitation d’autres femmes, mais pour moi ne se résoudra pas par la prise en charge complète de ceux-ci par les seuls parents.

    Bravo pour ce billet.

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    • Merci. Pour moi, un des problèmes vient de ce que les sphères sont complètement étanches et imperméables les unes aux autres. Travail, soin aux enfants ou aux personnes âgées, bénévolat, vie de couple, vie sociale etc. Il faut parvenir à diviser le temps entre toutes ces activités qui ne sont pas censées se mélanger. Et puis, effectivement, c’est chacun pour soi, chacun se débrouille pour sa propre famille avec ses propres moyens. Rien n’est pensé collectivement. Du coup certaines sont aux services des autres et bonjour les inégalités ! Ah la la, il y a encore tant à faire !

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  21. Bonjour,
    J’ai trois enfants, de 12 ans, 4 ans et un an, et si je devais recommencer ma vie en sachant ce que je sais, je ne crois pas que j’aurais des enfants…

    Je les aimes de tout mon cœur mais, je ne suis pas de celles qui peuvent n’être que maman! J’aime mon boulot, j’aime sortir de temps en temps, faire la fête bref, vivre!

    J’ai l’extrême chance d’avoir un mari pour qui le partage des tâches coule de source! Limite il en fait plus que moi parfois (faut dire qu’il voulait plus les enfants que moi aussi^^)

    Y a rien a faire, la majorité du temps on en demande trop aux femmes!

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    • C’est clair ! Notre grand combat pour les années à venir : en faire moins. Et peut-être que dans quelques années nous ne dirons plus que nous avons de la chance quand nos hommes feront leur part de taches domestiques ! Ça coulera de source pour tout le monde (#optimisme)

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