Chers tous

A toi qui me tiens la porte et me tire la chaise

A toi qui m’enfile mon manteau et m’offre des fleurs

A toi qui dit « Les femmes d’abord »

A toi petit garçon à qui on apprendras qu’il faut faire ces choses et à toi petite fille qui apprendra à en être flattée

A vous, galants hommes

Messieurs mesdames des ministères,

Egalité femmes-hommes ou égalité hommes-femmes

Sachez que l’on s’en fout

Que passer en premier au travers de portes grandes ouvertes

Ne nous empêche pas de trouver porte close dans de nombreuses situations

Passer en premier ici

Ne nous empêche pas d’êtres les éternelles secondes

Si nous pouvions, rien qu’une fois, passer en premier

Pour autre chose qu’entrer au restaurant

Si nous pouvions n’être pas « la grande femme derrière tel grand homme » mais la grande femme tout court.

Si nous pouvions, rien qu’une fois, ne pas être traitées différemment.

Ni mieux ni moins bien.

L’égalité est là.

Je rêve d’’indifférence.

Un jour je te tiens la porte un jour c’est toi qui me la tiens et tout le monde trouve ça normal.

J’enfile mon manteau moi-même, je prévois une petite laine quand on sort dîner car je ne veux pas avoir besoin de ta veste sur mes épaules frissonnantes en fin de soirée et qu’on dise « Oh, ce monsieur est un gentleman. »

Je rêve d’être aussi anonyme en ville que le plus anonymes des garçons. De ne pas être de plus en plus visible au fur et à mesure que ma jupe raccourcit.

Je me fous des privilèges en cartons qui me font me sentir fragile quand je ne lui suis pas.

Je me fous des privilèges qu’on me renvoie à la figure alors que je n’ai rien demandé.

Les machos ont leur bon côté : ça s’appelle la galanterie.

Je ne veux pas des machos, je ne veux donc pas des galants.

Je m’en passerai fort bien et vous n’aurez plus à étudier vos mots et vos gestes en ma présence.

C’est officiel, je vous autorise à me traiter en égale. Je vous autorise à ne plus me respecter en tant que femme et vous invite à me respecter en tant qu’humaine.
Et si demain pour une prise de tête dans un bar ou en voiture, vous me mettez votre poing sur la gueule, je l’accepterai avec un douloureux plaisir car ce jour-là, je saurai que je vous me méprisez autant que n’importe quel homme.

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